Dans l’atelier Perzel, le verre sert à travailler la lumière
Du lampadaire de l’hôtel particulier de Noailles aux plafonniers de la salle du Conseil à Genève, les archives de la maison retracent le parcours d’un maître verrier parisien.
En bref
- Jean Perzel conçoit des luminaires dès 1923, dans le XIVe arrondissement de Paris.
- Ses pièces ont éclairé des résidences présidentielles, le Palais des Nations et le Musée d’Art moderne de Paris.
- Lustres, appliques, plafonniers, suspensions et lampadaires composent la gamme actuelle.
Un luminaire peut-il traverser un siècle sans perdre sa place dans les intérieurs ? Les archives de l’Atelier Perzel, présentées par AD Magazine, racontent une maison pour laquelle la lumière est une discipline à part entière, travaillée avec le verre, la géométrie et la maîtrise du geste.
Un atelier de la Cité universitaire, devenu showroom
Tout commence en 1923. Cette année-là, Jean Perzel se consacre à l’étude de l’éclairage intérieur et dessine ses premiers luminaires dans son atelier de la rue de la Cité universitaire, dans le XIVe arrondissement de Paris. L’adresse a son importance : l’atelier occupe un immeuble Art déco conçu par l’architecte Michel Roux-Spitz. Les photographies d’archives montrent d’ailleurs la lampe 162 posée sur le bureau de cet architecte, à proximité du lampadaire 13C.
Verrier de métier, Perzel a choisi le verre comme terrain d’expression favori, pour obtenir des tracés nets et des masses équilibrées. Selon AD Magazine, il ne voit pas dans la lumière un simple effet décoratif : c’est une matière qu’on travaille, qu’on diffuse et qu’on met en scène en jouant des transparences pour en révéler les nuances.
Des commandes qui situent la renommée de la maison
Les réalisations citées dans l’article couvrent des univers très différents :
- des objets en verre conçus pour Henry Ford ;
- l’éclairage des bureaux et des résidences du Général de Gaulle et de Georges Pompidou ;
- la salle du Conseil du Palais des Nations à Genève, équipée de plafonniers 601, et le Musée d’Art moderne de Paris ;
- une clientèle internationale comprenant le roi de Siam à Bangkok, le Maharadjah d’Indore, la famille Rothschild, Karl Lagerfeld et Yves Saint-Laurent.
Cette exigence séduit, d’après l’article, des souverains et de grands collectionneurs autant que des figures majeures de la création. Du salon privé aux institutions internationales, l’article parle d’un langage esthétique pensé pour durer.

Le dialogue avec les grands noms de l’architecture
Les luminaires de la maison accompagnent aussi des projets d’architectes et d’ensembliers réputés : Le Corbusier, Robert Mallet-Stevens et Emile-Jacques Ruhlmann. Les archives conservent des pièces précisément identifiées, que le tableau ci-dessous situe dans le temps.
| Repère | Pièce ou lieu |
|---|---|
| 1928-1930 | Lampadaire n°1C, hôtel particulier de Noailles |
| 1937 | Exposition universelle : lampe 516, applique 651, lampadaire 51, table lumineuse n°3 |
| Bureau de Roux-Spitz | Lampe 162 et lampadaire 13C |
La salle du Conseil de Genève illustre un autre registre : l’article décrit un espace où l’architecture et la représentation diplomatique imposent une exigence particulière, et où les plafonniers de l’atelier ont trouvé leur place.
Une gamme à toutes les échelles
La maison propose lustres, appliques murales, plafonniers, suspensions et lampadaires. Son répertoire s’étend du détail architectural à la composition monumentale, ce qui permet à ses créations de s’adapter à la taille d’une pièce comme à celle d’un hall d’apparat.
Toujours selon AD Magazine, la sobriété sculpturale de ces luminaires continue de dialoguer avec l’architecture contemporaine. Les archives, au-delà des modèles et des commandes prestigieuses, racontent l’évolution de la lumière et ses nouveaux usages. Pour réfléchir à l’éclairage de son intérieur, ce vocabulaire de verre, de géométrie et de transparence s’accorde avec d’autres pistes à retrouver dans nos conseils déco.
Photo : Max Vakhtbovych / Pexels